
Jerôme Kerviel, le trader de la Société Générale est entendu aujourd’hui par les juges d’instruction qui arrivent à la fin de leur enquête. Il est responsable présumé de la perte de près de 5 milliards d’euros en janvier 2008 de la banque. Il se confie ce matin dans une très longue et passionnante interview au Parisien. -Voir les extraits ci dessous. -
Mais dans la matinée, il vient d'envoyer un communiqué à l'Afp dans lequel il affirme n'avoir jamais donné d'interview au quotidien ! "Le peu que j'en ai lu m'a fait bondir, je n'ai jamais donné d'interview. Ce sont des phrases sorties de leur contexte, des morceaux mis bout à bout. Ce qui est déclaré dans ce journal n'est pas ma vérité"
Dans une déclaration à l'AFP, les dirigeants du quotidien viennent de lui répondre : "les déclarations de Jérôme Kerviel sont « absolument authentiques. Nous n'avons jamais dit que c'était une interview, nous avons dit que c'était le résultat de ces six longues conversations à son initiative et à celle de ses défenseurs. Quel est le sens pour lui de ses entretiens longs, cordiaux, respectueux, stylo à la main ? C'était pour avoir de la compagnie ? Soyons sérieux", confie Dominique de Montvalon, directeur adjoint de la rédaction du Parisien/Aujourd'hui en France.
Extraits :
- "C’est un peu comme si j’étais sur un circuit. La course se court en 365 tours et s’appelle Un an de trading . Mes commissaires de course, ce sont mes supérieurs hiérarchiques. Je pilote une Ferrari équipée d’un moteur de fusée. A 365 reprises, je passe devant eux à 3 000 à l’heure. Ils ne disent rien. Ils ne voient rien. Vous y croyez, vous ? "
- "Je suis vraiment né au monde le 18 janvier 2008, le jour où j’ai été convoqué par la banque pour m’expliquer. Je n’ai pas envie de retourner en prison, mais les 35 jours que j’ai passés derrière les barreaux m’ont permis de redescendre sur terre. J’ai croisé des gens que je n’aurais jamais connus dans une vie normale de trader, j’ai reçu des tas de lettres de soutien et je me suis rapproché de ma mère."
- "Ce qui me rend furieux, c’est de voir les procès-verbaux d’audition sortis de leur contexte. Les violations du secret de l’instruction sont constantes. On cherche à me faire passer pour un dingue."
-" En revanche, quand un faisceau d’éléments plaide en faveur de ma défense, là, rien, ça ne sort pas. J’ai le sentiment d’une instruction sponsorisée par la Société générale. C’est elle qui fournit les pièces sur lesquelles s’appuie le juge Renaud Van Ruymbeke. Les expertises indépendantes que nous réclamons sont refusées."





















