Zinedine Zidane a pris son temps avant de s’exprimer sur l’affaire des quotas qui secoue le foot français.Mais il soutient ami, le sélectionneur Laurent Blanc :
Voici ce qu’il confie ce matin dans l’Equipe :
« D’abord, franchement, je ne pensais pas que ce débat prendrait cette ampleur. J’attendais de voir. Et quand on voit justement cette folie, ces amalgames (…) Alors oui, il y a des vrais sujets de fond, des sujets qui me touchent réellement, mais il y a aussi un mauvais procès vis-à-vis de Laurent Blanc. On va faire simple et clair: je le connais bien, il n’est bien sûr pas raciste. (…) Je vais même plus loin : il ne raisonne jamais comme ça car ce n’est pas un sujet pour lui ! Je pense que c’est d’ailleurs comme ça qu’il s’est fait emmener dans une discussion équivoque. (…) C’est quelqu’un de spontané, qui parle ouvertement, qui ne pense pas une seconde que ses propos peuvent être mal interprétés… Et clairement, là, ses propos ont été non seulement très maladroits, mais en plus, ils venaient dans une discussion où d’autres expressions étaient très limites, comme ce mot de quota ».
Laurent Blanc qui doit être auditionné lundi dans le cadre de l’affaire des quotas qui agite le monde du ballon rond serait toujours en vacances à Merano (au Nord de l’Italie).
RAPPEL DES FAITS :
Le site Mediapart a révélé des échanges lors d’une réunion de travail qui a abordé une éventuelle mise en place de quotas concernant les binationaux dans les filières de formation fédérales. – Cette réunion s’est tenue le 8 novembre 2010 en présence des plus hauts cadres techniques de la FFF, dont le sélectionneur Laurent Blanc-Laurent Blanc avait présenté ses excuses après sa première réaction : « Si j’ai heurté certaines sensibilités, je m’en excuse. Je ne retire rien aux propos que j’ai tenus vendredi pendant ma conférence de presse. Que certains termes employés au cours d’une réunion de travail, sur un sujet sensible et à bâtons rompus, puissent prêter à équivoque, sortis de leur contexte, je l’admets et si, pour ce qui me concerne, j’ai heurté certaines sensibilités, je m’en excuse. Mais être soupçonné de racisme ou de xénophobie, moi qui suis contre toute forme de discrimination, je ne le supporte pas. Il faut être de mauvaise foi pour ne pas voir que le débat auquel j’ai participé n’avait évidemment pas pour objectif de -diminuer le nombre de Noirs et d’Arabes dans le football français -, comme voulait le laisser entendre le titre outrancier de l’article, mais uniquement d’envisager le futur du football français et donc d’aborder, par voie de conséquence, le lourd et délicat problème des joueurs à double nationalité ainsi que les modalités de détection/sélection pour un nouveau projet de jeu. Que cela ait des incidences, à moyen ou long terme, sur les différents profils de joueurs en préformation ou en formation, c’est l’évidence, mais il n’y a là aucun lien, strictement aucun, avec une préférence ou un rejet de telle ou telle nationalité ».
Auparavant, il avait confié : « Ce qui se passe dans le football actuellement, ça me dérange beaucoup. A mon avis, il faut essayer de l’éradiquer (…) On ne peut pas faire des quotas dans le football (…) On a l’impression qu’on forme vraiment le même prototype de joueurs: grands, costauds, puissants. (…) Qu’est-ce qu’il y a actuellement comme grands, costauds, puissants? Les Blacks. Et c’est comme ça. C’est un fait actuel ». (…) Tu vas aller au centre de formation de Bordeaux, tu vas prendre les joueurs, mais des petits bons joueurs, tu n’en auras pas. Donc il faut inciter. Les Espagnols, ils m’ont dit: « Nous, on n’a pas de problème. Nous, des Blacks, on n’en a pas ».
Chantal Jouanno, la ministre des sports a réagi samedi sur RTL : « Les propos qui ont été publiés sont graves. Pour l’instant, on a besoin de clarté. Mais c’est vrai que ce sont des propos qui sont assez graves. On ne peut pas rester les bras croisés. Si on laisse les personnes en fonction, ils sont dans la tourmente médiatique ».
Les prochaines heures s’annoncent chaudes !
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